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Joanot Martorell : biographie de l’auteur de Tirant lo Blanch

Joanot Martorell y Tirant lo Blanc: caballero y libro en una ilustración geométrica del Segle d’Or

Joanot Martorell est l’auteur de Tirant lo Blanch, connu en espagnol sous le titre Tirante el Blanco. Chevalier issu d’une famille liée à Gandia, il a puisé dans son expérience des cours, des conflits d’honneur et de la vie quotidienne pour écrire un roman qui occupe une place importante dans la littérature européenne.

Qui était Joanot Martorell et quels étaient ses liens avec Gandia ?

Martorell est né probablement à València vers 1410–1411 et mort en 1465. Sa famille appartenait à la petite noblesse valencienne et avait ses racines à Gandia : son grand-père Guillem était au service de la cour ducale, avant l’acquisition de la seigneurie par les Borja. L’histoire du duché de Gandia permet de situer le milieu dont étaient issus les Martorell.

Les liens familiaux rattachent aussi sa biographie à Ausiàs March, qui épousa sa sœur Isabel. Les difficultés à garantir le versement de la dot provoquèrent des différends entre les deux familles. L’argent, l’héritage et le rang social pesaient autant dans les relations entre chevaliers que les idéaux qu’ils professaient.

Un chevalier entre lettres de défi et voyages

Les lletres de batalla, lettres d’accusation et de défi, éclairent le caractère de Martorell et les conflits de son époque. L’un des plus connus l’opposa à son parent Joan de Monpalau, qui avait rompu une promesse de mariage faite à Damiata, une autre sœur de l’écrivain.

Pour régler le différend par un combat, Martorell chercha un arbitre impartial en la personne d’Henri VI d’Angleterre. Il séjourna en Angleterre entre 1438 et 1439, mais le duel n’eut finalement pas lieu. Il passa également par le Portugal et Naples. La fréquentation des cours européennes lui apporta une connaissance des cérémonies, des rapports de pouvoir et des usages chevaleresques que l’on retrouve dans son écriture.

Quand il écrivit le Tirant et comment le roman fut publié

Martorell commença à rédiger Tirant lo Blanch en 1460. Il connut de graves difficultés financières durant ses dernières années et, en 1464, remit le manuscrit à Martí Joan de Galba en garantie d’un prêt. La réclamation ultérieure de son frère Galceran fait partie des documents qui permettent d’établir sa mort en 1465.

La première édition parut à València en 1490, vingt-cinq ans après la mort de l’écrivain. Le rôle de Galba a suscité un long débat : le colophon ancien lui attribuait une participation à l’œuvre, tandis que les études modernes ont remis en question son statut de coauteur. L’attribution du roman à Martorell constitue le point de départ assuré de sa lecture.

Que raconte Tirant lo Blanch et pourquoi le lire aujourd’hui ?

Le roman suit le parcours de Tirant, un chevalier dont la renommée militaire le conduit à Constantinople pour aider à défendre l’empire. Il y tombe amoureux de Carmesina, la fille de l’empereur. Les campagnes, les négociations et la vie de palais se mêlent au désir, à la jalousie et aux intrigues amoureuses, auxquelles prend part l’ingénieuse Plaerdemavida.

Illustration d’un chevalier à cheval auprès de passages du texte de Tirant lo Blanch

Son attrait tient à la variété des registres : la stratégie militaire côtoie l’humour et l’intimité. Le héros commet des erreurs, éprouve de la gêne, se blesse et dépend d’autres personnes. L’attention portée au corps et aux faiblesses humaines explique que le livre soit considéré comme une œuvre annonciatrice du roman moderne.

Cervantès en fit l’éloge au chapitre VI de la première partie de Don Quichotte : lors de l’examen de la bibliothèque, le curé souligne le naturel de ses chevaliers et sauve le livre du feu, avec d’autres œuvres. Le Tirant appartient au Siècle d’or valencien, le paysage littéraire du XVe siècle dans lequel écrivirent aussi March et Joan Roís de Corella.

Le souvenir de Martorell dans la Gandia d’aujourd’hui

La Biblioteca Central Convent de Sant Roc, située Plaça Rei Jaume I, 10, est une bonne étape pour découvrir la Gandia littéraire. Elle occupe une partie de l’ancien couvent de Sant Roc et abrite une sculpture de Tirant dans l’une de ses cours. Avant de vous y rendre, consultez les horaires des bibliothèques municipales et vérifiez les conditions d’accès à la cour.

Depuis la bibliothèque, vous pouvez poursuivre par le Carrer Major vers la Plaça Major et compléter une promenade dans le centre de Gandia. La balade permet de découvrir le cadre urbain et le patrimoine de la ville qui met ses auteurs classiques à l’honneur.

Le lien se prolonge dans la création contemporaine : depuis 1979, Gandia décerne le Premi Joanot Martorell de Narrativa. Il fait partie des Premis Literaris Ciutat de Gandia, aux côtés du prix de poésie Ausiàs March. Les appels à candidatures et les activités sont présentés sur le site de l’IMAB.

Par où commencer à lire Martorell ?

Pour une première lecture, les aventures de Tirant et Carmesina permettent d’aborder l’humour et la vie de cour du roman. Une édition annotée aide à comprendre le vocabulaire et les coutumes médiévales ; les lettres de défi permettent ensuite de comparer la voix du romancier à celle du chevalier. La Biblioteca Virtual Miguel de Cervantes rassemble le texte, la biographie et des études pour approfondir la lecture.

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